Enseignements > Pratiques islamiques

فَضَائِلُ أَبِي بَكْرٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ
LES MERITES D'ABU BAKR « LE CONFIRMATEUR DE LA VERITE » "AS-SIDDIQ"

  Extrait du Recueil : At-Tâj al-Jâmi'u lil-Uçûl fî Ahâdîsir-Rasûl « Le summum des références authentiques sur les sentences du Prophète (sas) » - Auteur : Mansûr 'Aliyyu Nâçif.
Enseigné à Madinatoul Houda par CHEIKH IBRAHIMA SALL (RA) - Traduit en français par la Commission Culturelle de ASWS.

فَصْلُ الثَّانِي فِي فَضَائِلِ الْخُلَفَاءِ الْأَرْبَعَةِ
TOME III, CHAPITRE II : « DES MERITES DES QUATRE COMPAGNONS (RA) »

SOMMAIRE
I-BIOGRAPHIE D'ABU BAKR
II- SAPRESEANCE
III- SA VERIDICITE
IV- SA SUCCESSION
V- SA POLITIQUE
VI- SON DECES


III- SA VERIDICITE

Surnommé as-Siddîq, Abû Bakr fût le premier homme à avoir embrassé l'islam et cela sans aucune hésitation. Jamais il n'eût contrarié le Prophète. C'est à son sujet et au sujet de l'envoyé d'Allah qu'a été révélé le verset :

وَالَّذِي جَاءَ بِالصِّدْقِ وَصَدَّقَ بِهِ أُوْلَئِكَ هُمْ الْمُتَّقُونَ - الزمر 33

« Tandis que celui qui vient avec la vérité (le Prophète) et celui qui la confirme (Abu Bakr), ceux-là sont les pieux. »

Nombres de sentences attestent de la véridicité d'Abû Bakr. Cette suivante en est une parfaite illustration:

عَنْ أَبِي الدَّرْدَاءِ رَضِي اللهُ عَنْهُمَا قَالَ: قَالَ النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ "إِنَّ اللهَ بَعَثَنِي إِلَيْكُمْ فَقُلْتُمْ كَذَبْتَ وَقَالَ أَبُو بَكْرٍ صَدَقْتَ وَوَسَانِي بِنَفْسِهِ وَمَالِهِ. فَهَلْ أَنْتُمْ تَارِكُو لِي صَاحِبِي"  مَرَّتَيْنِ فَمَا أُوذِيَ بَعْدَهَا. رَوَاهُ الْبُخَارِيُّ

Selon Abû Dardâ'i (RA) : le Prophète (SAS) dit à 'Umar au sujet d'une dispute qui eût lieu entre ce dernier et Abû Bakr: « Allah m'a envoyé vers vous et vous m'avez dit : tu as menti, alors Abû Bakr m'a déclaré véridique et m'a réconforté en me donnant sa personne et ses biens. Pouvez-vous donc me laisser mon compagnon ? Deux fois. Et depuis, personne n'a plus fait de mal à Abû Bakr.» (Rapporté par Bukhâry).

Il ressort également d'un autre Hadith que le prophète a en effet dit : « il n'est personne de ceux que j'ai appelés à Allah qui n'ai bronché -c'est à dire marquer une hésitation- excepté Abû Bakr ; je lui ai dit : j'ai été envoyé et il m'a répondu : tu as dit la vérité.

IV- SA SUCCESSION

Au cours de la maladie qui lui fut fatale, le Prophète (sas) désigna Abû Bakr pour diriger les prières en son absence. Un honneur aussi insigne lui a valu un prestige tout particulier dans toute la communauté musulmane. Aussi, à la mort du Prophète, Abû Bakr devient-il le premier calife de l'islam, de 632 à 634.

Voici relatées, à travers cette suivante sentence mettant en exergue sa forte personnalité, les circonstances de son investiture à la direction de la communauté :

Lire le hadith

Résumé du Hadîth :

Il ressort de ce Hadith de 'Aïcha (RAA) qu'au moment de la mort du prophète, Abû Bakr se trouvait à Sunh (dans le voisinage de Médine) auprès de son épouse Bint Khâridjata Al Ançârî chez la tribu des Hâchim.

A l'annonce de la mort du prophète, il n'y eut personne qui ne restât consterné, l'esprit troublé, proliférant des paroles qui ne convenaient pas à la situation, à l'exception d'Abû Bakr le confirmateur de la vérité. Lorsqu'il arriva, il dévoila le visage du prophète et embrassa le front de son défunt ami, le fils d'Abdallâh en lui disant :

بِأَبِي أَنْتَ وَأُمِّي طِبْتَ حَيًّا وَمَيِّتًا وَالَّذِي نَفْسِي بِيَدِهِ لَا يُذِيقُكَ اللَّهُ الْمَوْتَتَيْنِ أَبَدًا

« "Que je sacrifie pour toi père et mère!" Saches que tu es doux et magnanime de ton vivant comme de ta mort. Et par celui qui détient mon âme entre sa main je le jure, tu ne mourras jamais deux fois »

Ensuite, il sortit en public, gravit le minbar, exhorta l'assistant et à propos de la mort du prophète (SAS), déclara :

أَلاَ مَنْ كَانَ يَعْبُدُ مُحَمَّدًا فَإِنَّ مُحَمَّدًا قَدْ مَاتَ وَمَنْ كَانَ يَعْبُدُ اللهَ فَإِنَّ اللهَ حَيٌّ لاَ يَمُوتُ وَقَالَ تَعَالَى: إِنَّكَ مَيِّتٌ وَإِنَّهُمْ مَيِّتُونَ وَقَالَ  وَمَا مُحَمَّدٌ إِلَّا رَسُولٌ قَدْ خَلَتْ مِنْ قَبْلِهِ الرُّسُلُ أَفَإِنْ مَاتَ أَوْ قُتِلَ انْقَلَبْتُمْ عَلَى أَعْقَابِكُمْ وَمَنْ يَنْقَلِبْ عَلَى عَقِبَيْهِ فَلَنْ يَضُرَّ اللَّهَ شَيْئًا وَسَيَجْزِي اللَّهُ الشَّاكِرِينَ

Pour celui d'entre vous qui adorait Muhammad, Muhammad est mort et pour celui d'entre vous qui adorait Allah, Allah est vivant et immortel !

Allâh dit : « En vérité tu mourras et ils mourront eux aussi. » Coran 39 :30

Il dit encore : « Muhammad n'est qu'un messager - des messagers avant lui sont passés. S'il mourait, donc, ou s'il était tué, retourneriez- vous sur vos talons? Quiconque retourne sur ses talons ne nuira en rien à Allah; et Allah récompensera bientôt les reconnaissants. » Coran 3 :144.

Le trouble des musulmans s'apaisa, à tel point que 'Umar s'écria : « c'est comme si je n'avais jamais entendu ce verset avant ce jour ! »

Les Ançâr qui occupaient un rang élevé dans l'islam, crurent à la possibilité que l'un des leurs soit investi du Khalifat. Après s'être concerté à Saqîfa, ils mirent à leur tête Sa'd Ibn 'Ubâdat et le reconnurent en disant :

مِنَّا أَمِيرٌ وَمِنْكُمْ أَمِيرٌ

« Un chef de chez nous, un chef de chez vous » (par alternance).

Abu Bakr et 'Umar se rendirent auprès d'eux. 'Umar se disait en route : mon unique prétention est de communiquer aux gens de Saqîfa mes paroles si merveilleusement conçues et je crains fort qu'Abû Bakr ne soit à la hauteur pour s'adresser à eux avec l'éloquence requise.
Puis Abû Bakr dit en toute éloquence :

نَحْنُ الْأُمَرَاءُ وَأَنْتُمْ الْوُزَرَاءُ

« Les Imâms seront de nous les Quraych, et les vizirs (ministres) de vous, les Ançâr. »

Hubâb n'était pas de cet avis et opposa à Abû Bakr cette prétention : « un imâm de chez nous et un imâm de chez vous ». Mais finalement Abu Bakr réussit à convaincre les Ançâr d'une façon décisive par la nécessité que l'imâmat doit revenir aux Quraychites et non à eux, ni à tous les autres membres de la communauté. Alors ils lui répondirent : « Ô successeur de l'envoyé d'Allah pour nous diriger à la prière ! Choisis pour nous avec ta justesse de jugement celui qui convient pour ce commandement, pour que nous lui fassions acte d'allégeance ! ». Il avait alors indiqué le choix entre l'un des hommes Abû Ubaydah et 'Umar. Ce dernier refusant cette charge, dit à Abû Bakr :
« C'est plutôt à toi que nous ferons serment d'allégeance car tu es notre maître, le plus excellent d'entre nous (le plus élevé en dignité) et l'ami préféré de l'Envoyé d'Allah ».
Partant, 'Umar lui serra la main et lui fit acte d'allégeance. Les compagnons le suivirent dans son acte, donnant ainsi leur préférence à Abu Bakr et l'élirent à la direction de la communauté.

La légitimité de son califat est bien attestée par la Tradition :

عَنْ مُحَمَّدِ بْنِ جُبَيْرِ بْنِ مُطْعِمٍ عَنْ أَبِيهِ قَالَ أَتَتْ النَّبِيَّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ امْرَأَةٌ فَكَلَّمَتْهُ فِي شَيْءٍ فَأَمَرَهَا أَنْ تَرْجِعَ إِلَيْهِ قَالَتْ يَا رَسُولَ اللَّهِ أَرَأَيْتَ إِنْ جِئْتُ وَلَمْ أَجِدْكَ كَأَنَّهَا تُرِيدُ الْمَوْتَ قَالَ إِنْ لَمْ تَجِدِينِي فَأْتِي أَبَا بَكْرٍ.رَوَاهُ مُسْلِمْ

Muhammad Ibn Jubayr Ibn Mut'im rapporte d'après son père, qu'une femme étant venue interroger le Prophète (sas) sur quelque chose, celui-ci (après lui avoir donné ses instructions) lui enjoignit de revenir plus tard. - " Envoyé d'Allâh, dit-elle, mais que devrai-je faire, si je viens et que je ne te trouve pas ?". - c'est comme si elle faisait allusion à la mort du Prophète, selon Jubayr. "Si tu ne me trouves pas, répondit-il, adresse-toi à Abû Bakr ". Rapporté par Muslim

V- SA POLITIQUE

Après la mort du Prophète (sas), Abû Bakr se voit hériter en 632, du titre de calife et l'Islam lui doit son triomphe sur le mouvement général d'apostasie qui faillit l'anéantir. Il réprime les révoltes de tribus de Hedjaz et Nejd, la première rejetant l'islam et la seconde refusant de payer la zakat. Il rencontre de fortes oppositions de toute part mais les surmonte. La plus sérieuse opposition venant de Musaylima vaincu par Khalid ibn al-Walid à la bataille d'Al-Yamâmah.

Après cette bataille d'Al-Yamâmah contre Musaylima, au cours de laquelle près de 1200 musulmans dont 39 grands Compagnons et 70 maîtres-récitateurs du Coran perdirent la vie, `Umar incita Abû Bakr à envisager la préservation des versets révélés. C'est à Zayd ibn Thâbit qu'échut la tâche de compiler l'ensemble des versets en un seul livre. Ce livre, quand il fut achevé, fut gardé par Hafça, fille de 'Umar, et une des épouses du Prophète Muhammad (sas).

Quant à la suite des répressions, l'Arabie fut entièrement soumise, il a entraîné ses généraux à la conquête de l'étranger. L'Irak fut pris à la Perse par Khalid ibn al-Walid en une seule campagne lors de la bataille d'al-Qadisiyya et une autre expédition victorieuse fut effectuée en Syrie sous le règne de 'Umar.

VI- SON DECES

Abû Bakr mourut le 23 août 634 à Médine. Peu avant sa mort, il fit de 'Umar son successeur après avoir consulté les compagnons proches et influents. Abû Bakr est enterré dans une chambre attenante à la Mosquée du Prophète, Masjid An-Nabawwî, à droite de la tombe du Prophète Muhammad (sas) et à gauche de celle de 'Umar Ibn Khattâb (ra).


Sources :
1- Recueil de Hadîth: At-Tâj al-Jâmi'u lil-Uçûl fî Ahâdîsir-Rasûl (Cheikh Mansûr 'Aliyyu Nâçif.)
2- La traduction française du Saint Coran par le CHEIK SI HAMZA BOUBAKEUR, Recteur de l'Institut musulman de la mosquée de Paris)
3- La profession de foi d'Ibn 'Arabî
4- Wikipédia, l'encyclopédie libre
précédent 1 2
Haut de page

Siège : Madinatoul Houda, rue Cheikh Hassan DEME villa N° 647 Golf Sud Dakar Sénégal © Copyright 2008, Houda production. All Rights Reserved